Perspectives & Créativité

Optique sur les fibres

mai 16, 2009 · Un commentaire

Fiber Being, de Yasuhiro Suzuki

Fiber Being, de Yasuhiro Suzuki

Tokyo Fiber ‘09 est une exposition impressionnante présentée à la Triennale du design de Milan cette année, parrainée par l’association japonaise des fibres chimiques (JCFA), le comité technique de recherche pour l’innovation dans le domaine de la plasturgie, et placée sous le patronage du ministère japonais de l’économie, du commerce et de l’industrie, le puissant METI.

L’exposition présentait 14 matériaux aux propriétés spectaculaires, mis au point par l’industrie plastique japonaise. L’objectif du show, atteint, était de démontrer les multiples et surprenantes applications de ces nouveaux matériaux, histoire de les rendre attractifs. Une scénographie sobre mais très efficace, un accueil exemplaire (y compris en français !) et des visions scotchantes, drôles, à couper le souffle, ou définitivement futuristes, parfois cumulant ces qualificatifs. Designers, architectes et artistes furent appelés pour concevoir ces visions, comme Ross Lovegrove ou Shigeru Ban. En voici quelques exemples.

Fiber Being utilise Breathair, un matériau élastique composé à 95% d’air et à mémoire de forme. Les hypnotisants mannequins proposés par Yasuhiro Suzuki, ouvrent des pistes sur l’expression de la respiration humaine en matière de robotique.

Water Logo '09 par l'atelier Omoya et Hara Design Institute

Water Logo '09 par l'atelier Omoya et Hara Design Institute

Water Logo ‘09 utilise Monert, un tissu ultra-hydrophobe et l’atelier Omoya + Hara Design Institute le mettent en scène sur un pan incliné qui laisse apparaître et ruisseler des goûtes d’eau.

“Fukitorimushi” est un robot de nettoyage qui utilise les propriétés des nanofibres (7500 fois plus fines qu’un cheveu) pour eradiquer la moindre poussière ou particule lipidique, dans un ballet silencieux et cocasse où la créature (made by Panasonic) se meut par une reptation digne d’une bestiole sortie d’un film de Miyazaki.

Con/fiber, un béton truffé de fibres optiques

Con/fiber, un béton truffé de fibres optiques

Con/fiber est une installation de Kengo Kuma qui met en scène un béton fibré, l’ESKA, mis au point par Mitsubishi et une société allemande, Luccon, spécialisée dans les bétons techniques. Sans éclairage le béton est opaque, éclairé, il devient diaphane. D’intéressants jeux de lumière avec des parois qui laisseront passer la lumière d’une habitation la nuit venue et qui éclaireront l’intérieur en journée.

Une opération séduction réussie où la poésie, l’imaginaire et la performance technique forcent le respect et suscitent l’émotion. Seul bémol dans ces louanges, et non des moindres : les qualités de recyclabilité et d’innocuité des matières mises en scène ne sont pas systématiquement démontrées. Peut-on aujourd’hui faire cette impasse ?

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L’ibère nation du design

mai 1, 2009 · Laisser un commentaire

Jorge Mañes 1 - Philippe Starck 0

Jorge Mañes 1 - Philippe Starck 0

Le salon du meuble de Milan 2009 a été, comme chaque année, un foisonnement de créativité incroyable. C’est dans le cadre du salon off, sur la Zona Tortona, que j’ai eu la surprise de prendre la mesure d’une fièvre espagnol insoupçonnée dans la jeune création madrilène. Le design ibérique n’était jamais parvenu à susciter un engouement particulier de ma part, tout éclipsé par l’omnipotent Mariscal.

Superstudio Piu présentait à Milan Proyecto Abecedario, une sélection de jeunes designers transpyrénéens d’une fraicheur, d’une simplicité et d’un humour détonants. Dear Hunter, le trophée porte-manteau de Jorge Mañes Rubio (photo ci-dessus), renvoie ainsi la lampe Gun dessinée par Starck pour Flos au rang de l’anecdote de premier degré. Deux autres pépites au double effet kiss cool ont attiré mon attention. Donde Caben 2 caben 3 du Noviembre Estudio, une chaise double qui devient triple par le jeu du déplacement de barreaux, et Eternal, signée Maxi Romanillos, une lampe qui recycle avec pertinence les globes usagers des ampoules à incandescence dans un geste mémorialiste.

Vous pouvez découvrir Jorge Mañes Rubio à Paris jusqu’au 23 mai à la ToolsGalerie, en compagnie des très prometteurs Ionna Vautrin et Guillaume Delvigne.

Donde caben 2 caben 3

Donde caben 2 caben 3

Eternal de Maxi Romanillos

Eternal de Maxi Romanillos

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Nouvelle Citroën DS : mythique ou mitée ?

mars 24, 2009 · 8 commentaires

La nouvelle Citroën DS : comme passer du mythe aux mites.

La nouvelle Citroën DS3 : comme passer du mythe aux mites.

Le monde automobile sombre depuis 6 mois à une allure vertigineuse dans une crise économique sans précédent, où les surcapacités de production de chaque constructeur et à l’échelle mondiale démontrent enfin l’absurdité du modèle économique du secteur, chacun y allant de son arrogante ambition à vouloir augmenter sa part de marché, multiplier son offre produits, prendre sa part du gâteau des marchés émergents, afficher des taux de marges passablement irréalistes et prompts à rassurer les actionnaires.  Une industrie qui oublie de se renouveler va au casse-pipe, disait madame Claude, et mise à part Renault avec sa Low-Cost Logan ou Toyota avec sa Prius hybride, pas grand chose de nouveau sous le soleil depuis 20 ans.

Las, l’industrie automobile mondiale s’écroule comme un château de carte, poussée par l’apoplexie des Big Three, GM, Ford et Chrysler. Une question tourmente la plupart des conseils d’administration et alimente les rumeurs les plus folles : qui va coucher avec qui ? Fiat avec Chrysler ? Peugeot avec Mitsubishi ou avec BMW ? On évoque même la liaison la plus consanguine qui soit, une union Renault/PSA… Une misère. Les plus pessimistes prédisent la disparition des plus petits, Saab et Volvo en tête, ou des plus fragiles, Opel ou Chrysler. Bref, une tuerie qui renvoie définitivement Massacre à la tronçonneuse au rayon des films pour enfants.

Les constructeurs français, pétris par l’angoisse de la disparition, ressortent de vieilles gamelles pour servir au consommateur une soupe bien tiède. Les voici qui versent en effet dans une tendance marketing qui s’essoufle, le “retro-design”, tendance inaugurée il y a belle lurette par Volkswagen avec sa New Beetle (1998), reprise par la suite et avec plus d’élégance par BMW pour sa Mini (2001), et dont le paroxisme semble être atteint par Fiat avec sa 500 version 2008, incapable de renouveler son image de marque autrement qu’en revenant 50 ans en arrière.

Logos Suez et Citroën : la même agence ou un consensus mou ?

Logos Suez et Citroën : la même agence ou un consensus mou ?

Citroën a ouvert le bal avec un joli coup de pub en dévoilant le même jour son nouveau logo (dont les courbes ne sont pas sans rappeler, au passage, le logo de GDF-Suez…) et une nouvelle gamme de voitures, baptisée DS, en référence à sa mythique berline de 1955, immortalisée par Roland Barthes et honorée par une apparition dans de nombreux films américains, dont  Brazil en 1985 et Bienvenue à Gatacca en 1997. Citroën doublera ainsi chaque segment de gamme par un véhicule premium (C3 et DS3, C5 et DS5, etc…). Ca s’appelle l’art de la segmentation.

Pourquoi DS ? Pour Different Spirit nous dit le service communication de la marque aux chevrons mous, pas pour le concept “Developer’s system” de Nintendo, et c’est bien dommage.  Je vous laisse analyser longuement la silhouette de la bête pour me faire part de votre avis sur la dimension “Different Spririt” de l’engin. Moi je cherche toujours. Les plus perspicaces auront noté la référence à l’inoubliable DS, le toit blanc. Pour le reste, ça sent plutôt le bling-bling pas frais…

Et Renaut nous annonce une remise au goût du jour de la marque Gordini, fier préparateur des R8 et autre Alpine d’autrefois. Amis de l’innovation, faudra repasser…

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Gueule de bois

mars 21, 2009 · 3 commentaires

White Fruit : une sacrée gueule de bois

White Fruit : une sacrée gueule de bois

Swann Bourotte est un jeune designer français très doué, beaucoup de gens en conviennent et ses première productions ne laissent pas indifférent (allez voir sa lampe Paranoïd, vous m’en direz des nouvelles).

Diplômé de la réputée ENSCI, intervenant dans la non moins réputée L’École de design Nantes Atlantique, Mr Bourotte nous gratifie d’un geste élégant et audacieux, par le dessin d’un poste de radio en bois de sycomore, White Fruit.

Totalement dépourvu de bouton, le poste s’effleure d’un doigt délicat pour effectuer une mise en route tactile. L’appareil est constitué d’un seul bloc de bois, finement usiné. Il joue ainsi de la transparence des fibres pour faire apparaître l’affichage à LED de la fréquence choisie. Il joue aussi de sa résonance, pour transformer son corps de bois en membrane acoustique : sa face avant mise en vibration par un transducteur acoustique sert de haut-parleur, il fallait y penser. Le bois est en effet connu pour ses propriétés de transmetteur sonore, parlez-en à votre luthier.

White Fruit est une démarche conceptuelle qui n’a pas encore abouti à une production industrielle mais qui a remporté en décembre dernier à Singapour un Red Dot Design Award, catégorie meilleur concept. Chapeau monsieur Bourotte.

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Océan Haptique

février 1, 2009 · 4 commentaires

l'ère de la commande acoustique

Clavier Sensitiv Object : l'ère de la commande acoustique

L’haptique est l’étude de la sensation du toucher (tactile) et de son interaction avec des applications informatiques. La jeune société française Sensitiv Object, fondée en 2003, travaille au développement de plusieurs technologies haptiques. En particulier, leur technologie ReverSysTM exploite la reconnaissance des ondes acoustiques qui se propagent dans un objet lorsque on le touche.

Toutes sortes de matériaux peuvent être utilisés et les objets peuvent avoir n’importe quelle forme. On peut ainsi transformer tout objet en panneau de commande sensible, bien plus sensible que notre ami iPhone qui ne réagit, fin connaisseur, qu’à la pulpe de vos doigts (oui, iPhone n’aime pas qu’on le griffe, ça ne lui fait rien, pas plus qu’il ne se réveillera si c’est une moufle qui s’y colle…). Les écrans tactiles que Sensitiv Object nous propose peuvent ainsi être commandés par tout contact physique de quelque objet que ce soit (gant, stylo, clé, chaussette, faux-ongles, Capitaine Crochet, etc…).

Un clavier dématérialisé

Un clavier dématérialisé

Un des premiers produits proposés par SO est le clavier d’ordinateur VBK, qui répond aux contraintes d’hygiène drastiques des milieux hospitaliers. La société propose aussi des digicodes en milieu pas chaud ou la mitaine n’est pas suffisante pour éviter l’engelure (Russie, Groënland ou chambres froides par exemple). D’autres applications sont en développement pour de l’électroménager (si les dalles tactiles actuelles ne supportent pas bien non plus les graisses, ReverSysTM s’en tape).

Les perspectives offertent pas ce procédé nous permettent de rêver un peu (imaginons des commandes de volets roulants dissimulées dans le vitrage des baies vitrées, une sonnette qui se déclanche lorsque l’on effleure la porte d’entrée, un ordinateur qui se met en route en touchant le bord de son écran) et trouveront en particulier des applications dans le domaine de la muséographie ou de la scénographie.

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Rem Koolhaas : architecte tonique

janvier 31, 2009 · Laisser un commentaire

Rem Koolhaas, fameux architecte hollandais, auteur mémorable de la Villa Dall’ava à Saint-Cloud et Pritzker Prize en 2000 pour son œuvre novatrice et puissante, prépare l’édification d’un ouvrage singulier à New-York. “23 East 22nd Street” semble défier l’apesanteur et se jouer des porte-à-faux, comme beaucoup de projets signés Koolhaas (souvenons-nous de la bibliothèque centrale de Seatle en 2004 ou, plus récemment du siège de la CCTV à Pékin, en cours de finition).

“23 East 22nd Street” s’élèvera dans le quartier de Flatiron, proche de Chelsea, sur une hauteur de 107 m. Si la crise vous le permet, n’hésitez pas à négocier auprès de JP Henin l’achat du penthouse proposé en triplex. Affiché à 45 millions de dollars pour une surface de 550 m2, l’investissement n’est-il pas tentant ? L’édifice affiche en tout cas une audace structurelle remarquable et ne décevra pas les afficionados de Koolhaas qui ne pourrait pas faire moins pour Big Apple.

Et si le “23 East 22nd Street” était à l’image actuelle de l’économie mondiale : déraisonnable et vertigineux ?

Un escalier pour Icare ? Non, un immeuble signé Koolhas

Un escalier pour Icare ? Non, un immeuble signé Koolhaas (image OMA)

23 east 22nd street by night

23 east 22nd street by night (image OMA)

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Kapten bigleux : un GPS vocal

novembre 22, 2008 · 7 commentaires

Un Kapten au long cours

Un Kapten au long cours

La société française Kapsys lance sur le marché le premier GPS sans écran de tout l’univers. On pourrait être inquiet d’apprendre qu’une boîte française de produits électroniques attaque seule un marché où aucun concurrent asiatique ne s’est encore risqué… Ben oui, s’il n’y a pas de GPS sans écran, c’est bien que ça rendrait la tâche de guidage un peu hasardeuse, non ?

Kapsys nous prouve que c’est pourtant possible avec son Kapten.

Kapsys a été créée par Aram Hékimian, oui, le fondateur de Wavecom, vous avez bonne mémoire. Kapten est présenté par son créateur comme un objet social dont la fonction ne se résume pas à guider l’Urbain égaré dans ses déplacements. Kapten sert aussi à écouter de la musique (c’est un MP3 avec 4Go de capacité) ou la radio, à mettre en relation des usagers (appelés Zurbies par Kapsys : voir le site commercial de Kapten dont l’univers nous dit qu’un Zurby doit être jeune et branchouillé comme il faut…) qui pourront “tagger” des lieux (restau, boutique, expo…) qu’ils partageront ensuite avec la communauté des Zurbies via internet.

Kapten peut être connecté à un téléphone via une connexion bluetooth et s’adresse aux piétons autant qu’aux cyclistes, aux motards ou aux usagers des transports en commun, grâce à une cartographie adaptées qui prend notamment en compte les passages piétons, les sens interdits, les passages souterrains, etc…

Seule difficulté : causer avec Kapten, car notre Kapten, non content d’être absolument bigleux, s’avère un peu psychorigide quand il s’agit de lui causer. Logique, puisque cet appareil ne reste qu’un zinzin qui fonctionne avec une pile, pas un humain doué de conversation. Il faudra donc apprendre la liste des commandes vocales que Kapten comprend et, flashback, lire à cet effet une de ces notices qu’on croyait révolues.

Pour la mise au point de ce GPS, Kapsys a passé un accord avec Nuance, spécialiste mondial de la reconnaissance des voix et quatre brevets ont été déposés, dont un sur le concept général du produit.
Évidemment, Kapten existe en plusieurs coloris, puisqu’il s’adresse aux urbains, pour ne pas dire aux bobos, car il faudra quand même débourser 179 € pour s’offrir une traversée avec le Kapten ad hoc.

Soyons franc, ce produit est méga-intelligent (pour autant qu’un GPS puisse l’être) et devrait être une réussite dans les mégapoles du monde entier. Vous vous imaginez à Tokyo avec Kapten flâne ? Trop bien…

Je vous le dit, nous rentrons désormais dans l’âge du Kapten…

Kapten ! Yes Kapten !

Un Kapten pour éviter les crochets…

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BMW Gina : la bâche-mobile

octobre 25, 2008 · 2 commentaires

La bâche-mobile

BMW Gina concept : La bâche-mobile

BMW est un constructeur automobile dont la réputation de motoriste, héritée de ses fleurons à 2 roues, dépasse de beaucoup sa capacité à proposer un design qui fasse l’unanimité. Le style de la firme munichoise a su en effet passer d’un classicisme lourd (souvenez-vous les séries 5 et 7 des années 80…) à une audace compliquée, quand elle n’est pas maniérée (cf. la série 1 d’aujourd’hui).
On pourrait jusqu’alors, et pour faire lapidaire, résumer l’histoire du design de béhem à 2% de créativité et 98% de conservatisme bavarois. Et puis, voilà qu’arrive Gina.

Gina n’est pas une actrice italienne mais un concept étonnant de voiture (Gina signifie Geometry and functions In ‘N’ Adaptions) dont la carrosserie est constituée d’un textile souple. Bien plus fort que Kway, Gina réalise un numéro de transformisme hallucinant en dévoilant, par le jeu d’une structure mobile, des atours mécaniques qui ne déplairaient pas à Iron Man himself.

Au-delà de l’effet de manches de la belle, Gina assène un coup de massue aux designers automobiles du monde entier. Ce concept-car, promis nous dit-on à un avenir industriel, révolutionne enfin l’univers du design automobile, inerte depuis 50 ans, c’est à dire depuis l’apparition de la DS qui inaugura un style aérodynamique intégral qu’elle “survole” depuis lors.

L’équipe de Chris Bangle, directeur du design de BMW, ouvre une piste d’exploration d’une grande richesse, celle de la carrosserie souple et translucide. Fini les chocs de chariot de supermarché et les optiques de phare cassés dans un stationnement approximatif, Gina évoque l’intelligence d’une peau de requin (oui, le requin est assez crétin mais sa peau est vraiment pratique et fonctionnelle) et renvoie sans conteste la carrosserie de votre Clio au rang de coquille d’œuf de caille.

La BMW Gina dévoile ses dessous

La BMW Gina dévoile ses dessous

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Recyclez vos vinyls

octobre 19, 2008 · Un commentaire

Sound Chaser de Yuri Suzuki

Sound Chaser de Yuri Suzuki

Décidé à vous faire regretter de ne pas avoir visiter l’édition 2008 du London Design Festival, j’ai le plaisir de vous présenter un de mes coups de cœur. Il s’agit d’un jeune designer et musicien japonais, il s’appelle Yuri Suzuki (ça veut dire Jacques Renault en français) et le bougre s’avère définitivement givré. Ce type a inventé “Sound Chaser”, un jeu qui consiste à utiliser des morceaux de disques vinyls, découpés comme il faut, comme “rail” pour un improbable “train” électrique musical. Cette invention est loufoque, sans conteste, mais elle dégage une poésie qui n’est pas sans rappeler l’univers de Michel Gondry. Voici ce que ça donne en vidéo. Notre ami Yuri a développé ça avec un ingénieur israélien d’origine russe, Yaroslav Tencer (ça veut dire Yuri Suzuki en hébreu) . Je vous assure que face à cette micro installation, il n’y a pas d’autre solution que de succomber au charme enfantin de la démarche. C’est gratuit, inutile et parfaitement réussi à mon goût.

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Artiste Eek

octobre 7, 2008 · 3 commentaires

Buffet Scrapwood de Piet Hein Eek

"Waste Cabinet” de Piet Hein Eek

Je vous avais présenté le 29 juin dernier le travail de Piet Hein Eek, jeune designer hollandais terriblement intéressant. Dans le cadre du London Design Festival, j’ai pu découvrir deux magnifiques expositions consacrées à ce remarquable batave, issu de la prestigieuse Design Academy de Eindhoven. L’une, aujourd’hui terminée, dévoilait un ensemble de ses dessins d’études, d’une précision sensible et d’un naturel déconcertant, semblant tout droit sorti du carnet de croquis jauni d’un ébéniste des années 50. L’autre présente un ensemble de meubles, vaisselle et luminaires, et reste visible jusqu’au 31 octobre 2008 à la gallerie Rabie Hage.

Chaise de Piet Hein Eek

Chaise "Bucketseat" de Piet Hein Eek

Les meubles présentés révèlent une beauté inouïe, façonnés avec finesse, délicatesse et intelligence. Face à l’élégant “Waste Cabinet in Scrapwood”, on reste ému. Devant ses simplissimes chaises “bucketseat”, on s’arrête subjugué. Une sensation tout à fait troublante qui peut être assimilée à l’émotion ressentie face à une œuvre d’art.

Oui, c’est un artiste, Eek…

Pour faire plus ample connaissance avec lui, voici une vidéo d’Arte consacrée à Piet Hein Eek.

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