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Bolloré : the Flu Car, ou l’art du marketing grippal

octobre 24, 2009 · 2 commentaires

La bluecar de Bolloré : un exemple de marketing grippal

La bluecar de Bolloré : un exemple de marketing grippal

L’industrie automobile maîtrise depuis longtemps les meilleures techniques de marketing et a su nous “offrir” quelques campagnes de communication magistrales (souvenez-vous de la Fiat 500). Crise oblige, les constructeurs réduisent drastiquement leurs sur-capacités de production respectives, mettant sur le carreau au passage quelques milliers de cols bleus, afin de tenter de préserver l’avenir de l’entreprise (peut-être) et les dividendes de ses actionnaires (plus sûrement). Et chaque constructeur de se poser la question : que fait-on maintenant pour faire revenir les clients dans les concessions et devenir numéro 1 ? L’effondrement de l’ex-numéro 1 GM n’ayant pas tempéré les égos, le secteur est à la fusion pour atteindre l’hypothétique taille critique pour subsister. Toyota, passé en tête en 2008, se prend les pieds dans le tapis avec les plus grosses pertes de son histoire et c’est désormais à VW de lorgner vers la plus haute marche du podium mondial.

Que faire donc pour renouveler  l’industrie automobile ? C’est Constant Jenatzy qui a imaginé il y a plus de 100 ans qu’une voiture pourrait être électrique. Il fabriqua la “jamais contente”, qui fut la première voiture à dépasser les 100 km/h le 29 avril 1899. Bon sang ! Électrifier l’automobile était à l’époque une idée ingénieuse. Elle revient en force aujourd’hui, réchauffement de la planète oblige.  A priori, rouler dans des voitures silencieuses, sans odeur est une perspective qui pourrait nous ravir.  Une autonomie limitée et des performances dignes d’une R6 d’il y a 40 ans pourraient au fond aller dans le sens des économies d’énergie. Mais s’il n’est pas sûr que l’Homme nouveau, sensibilisé aux problèmes écologiques par Hulot, Artus-Bertrand et autre Grenelle, soit prêt à renoncer au km départ arrêté en moins de 30 sec, il est certain que rouler avec EDF ne sera pas un cadeau pour l’avenir de ‘humanité.

Il faudrait en effet envisager de produire l’électricité avec autre chose que des ressources fossiles (charbon, gaz, pétrole) ou radioactives, pour ne pas décaler le problème du réchauffement et de la pollution. Or, les prévisions en la matière sont clairement alarmantes. Entre 1970 et 2000, la consommation énergétique a augmenté de 48% au niveau mondial et elle augmentera de 52% pour la période 2000/2030. En 2008, la part du solaire, de l’hydraulique et de l’éolien dans la production mondiale d’électricité était de 7,4%. Elle restera à ce niveau dans 20 ans, les énergies fossiles représentant en 2030 les 4/5 de la consommation mondiale d’énergie…

Et pourtant, chacun y va de sa bagnole électrique : Renault, GM, Ford, VW, Toyota, Honda, tout le monde veut y croire… Et tous les services de communication des constructeurs, relayer par la peu engagée presse spécialisée, d’envoyer mille signaux idylliques : oui la voiture électrique va sauver l’humanité et rendre le monde meilleur, c’est écrit dessus. Croyez-nous, on va vous changer la vie, même si pour l’instant nos prototypes peines à dépasser les 130 km/h, à passer sous la barre des 25000€ et à rouler plus de 200 km… A moins de vous offrir pour 100 000 € une Tesla, roadster tout électrique canadien qui vous fera passer de 0 à 100 km/h en moins de 5 secondes !

2009 aura été l’Année électrique. Le secteur automobile plonge, il trouvera sa résurrection dans l’électricité, c’est sûr. Même Bolloré y croit et nous annonce depuis belle lurette que sa Bluecar est quasi-prête. Et curieusement, elle n’arrive toujours pas ! La quasi faillite de son partenaire industriel, le carrossier italien Pininfarina ne va pas accélérer le processus puisqu’il est désormais question que la voiture bretonne soit construite en France. Toujours annoncée pour l’été 2010, on ne voit pourtant pas comment l’industrialisation pourrait être mise en route dans ce délais avec un tel revirement. Bien sûr Bolloré n’est qu’un exemple mais tellement symptomatique d’un secteur qui buzze à fond sur l’électrique. C’est au constructeur qui fera le plus de presse sur la question du respect de l’environnement qui gagnera sa vertu et gagnera des parts de marché.

Et voilà un nouveau mode de marketing, le marketing grippal, ou comment contaminer l’esprit des consommateurs par un produit pandémique qui ne fera à terme qu’accroître les phénomènes qu’il prétend résoudre. Alors, prêt à vous faire vacciner par les laboratoires Bobo-leurrés ?

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Watt’s up doc ?

août 19, 2009 · Un commentaire

Le concept du bus Watt a été sélectionné par le fond démonstrateur pour les véhicules décarbonés

Le concept du bus Watt a été sélectionné par le fond démonstrateur pour les véhicules décarbonés

Et oui, c’est bientôt la rentrée ! Autant commencer par une brève de circonstance sur la thématique des transports en commun.
La société française VPI , fabricant de “véhicules industriels à énergie alternative”, a récemment frappé fort en présentant publiquement Watt (Wireless Alternative Trolley Technology), un concept de bus électrique qui se recharge à chaque arrêt en 10 secondes. Il suffisait d’y penser me direz-vous mais il il convient aussi de mettre en œuvre une technologie un peu coton pour ce Watt.

VPI avait conçu le Montmartrobus, petit bus électrique à vocation touristique pour la butte parisienne, qui réclame une recharge intermédiaire à mi-journée. Le principe a ici été poussé à son paroxisme en imaginant une autonomie très courte et une recharge intempestive, à chaque fois où l’engin s’arrête pour faire monter ou descendre ses passagers, c’est à dire tous les 800 mètres environ. Je vous passe les détails techniques, parfaitement protégés par un joli brevet, et la bête s’enfile 300 Kw d’un coup. Reste à régler quelques problèmes de sécurité, histoire de ne pas foudroyer le conducteur ou les passagers à la première recharge, et la première expérimentation grandeur nature pourrait avoir lieu en 2011. D’ici là, un modèle économique devra être trouvé car, au-delà d’un coût d’utilisation au km alléchant (10 cts au lieu de 50 cts pour les bus au gazole), le coût du véhicule risque fort d’être stratosphérique.

Youpi, on est parti pour tous rouler électrique, avec nos Bluecar, Prius, Volt et autres Tesla. Reste que l’électricité demeure principalement d’origine carbonée (66% pour le charbon, le pétrole et le gaz) et nucléaire (16%) et rien ne semble prêt pour modifier durablement cette proportion. Watt est donc un véhicule décarboné, certes, mais il ne s’alimentera qu’à hauteur de 18% avec des énergies renouvelables. Il faudra un autre électrochoc que Watt pour convertir les industriels producteurs d’électricité à faire proprement leur business. Watt en attendant donnera bonne conscience aux collectivités territoriales occidentales qui rouleront “propre”…

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