Perspectives & Créativité

Articles étiquettés ‘design automobile’

Fiat 500, Mini, 2CV, Trabant : Revival ou post-modernisme ?

novembre 6, 2009 · Un commentaire

Une Trabant enfin "propre"…

Une Trabant enfin "propre" ?

Qui se souvient de la vieille trabant ? Cette petite voiture est-allemande au charme improbable, petit bijou de technologie minimaliste (initialement conçue sans pompe à eau, ni pompe à essence ni système de lubrification !), produite à plus de 3 millions d’exemplaires entre 57 et 91, fut le symbole du déclin économique de la RDA dans les années 80.

La Trabant originale, un modèle de rationalisation technique

La Trabant originale, un modèle de rationalisation technique, pas éco-friendly pour autant…

Et pourtant, un projet de Trabant nouvelle génération a été présenté au salon de Francfort en septembre 2009. Mue par un moteur électrique (c’est dans le vent, cf. “Bolloré, the flu car”), la Trabant NT s’inscrit délibérément dans le sillon des Mini by BMW et Fiat 500 remises au goût du jour ces dernières années et qui ont démontré la réussite commerciale du principe “c’est dans les vieilles gamelles qu’on fait les meilleures soupes”…

Les historiens nous expliquent bien que l’histoire de la création est faite de boucles régulières où invariablement, styles, formes, concepts se répètent, échos parfois conscients d’une époque pourtant révolue. Soit. Il semble donc que l’industrie automobile, sans réel avenir, tombe irrésistiblement dans ce mécanisme de répétition post-moderniste, tel un bégaiement créatif. Citroën nous prépare sans doute le même coup, non pas avec ses DS3 pour CSP+ mais avec la Revolte (ou D09 pour les intimes), version botoxée de la géniale 2 cheveaux, présentée elle aussi à Francfort.

Citroën Revolte

Citroën D09 : la "Revolte"n'est pas une révolution

Il ne reste plus guère d’espoir semble-t-il d’observer une véritable démarche en design dans ce secteur. Il faudra désormais aller voir du côté de la robotique ou du numérique !

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Bolloré : the Flu Car, ou l’art du marketing grippal

octobre 24, 2009 · 2 commentaires

La bluecar de Bolloré : un exemple de marketing grippal

La bluecar de Bolloré : un exemple de marketing grippal

L’industrie automobile maîtrise depuis longtemps les meilleures techniques de marketing et a su nous “offrir” quelques campagnes de communication magistrales (souvenez-vous de la Fiat 500). Crise oblige, les constructeurs réduisent drastiquement leurs sur-capacités de production respectives, mettant sur le carreau au passage quelques milliers de cols bleus, afin de tenter de préserver l’avenir de l’entreprise (peut-être) et les dividendes de ses actionnaires (plus sûrement). Et chaque constructeur de se poser la question : que fait-on maintenant pour faire revenir les clients dans les concessions et devenir numéro 1 ? L’effondrement de l’ex-numéro 1 GM n’ayant pas tempéré les égos, le secteur est à la fusion pour atteindre l’hypothétique taille critique pour subsister. Toyota, passé en tête en 2008, se prend les pieds dans le tapis avec les plus grosses pertes de son histoire et c’est désormais à VW de lorgner vers la plus haute marche du podium mondial.

Que faire donc pour renouveler  l’industrie automobile ? C’est Constant Jenatzy qui a imaginé il y a plus de 100 ans qu’une voiture pourrait être électrique. Il fabriqua la “jamais contente”, qui fut la première voiture à dépasser les 100 km/h le 29 avril 1899. Bon sang ! Électrifier l’automobile était à l’époque une idée ingénieuse. Elle revient en force aujourd’hui, réchauffement de la planète oblige.  A priori, rouler dans des voitures silencieuses, sans odeur est une perspective qui pourrait nous ravir.  Une autonomie limitée et des performances dignes d’une R6 d’il y a 40 ans pourraient au fond aller dans le sens des économies d’énergie. Mais s’il n’est pas sûr que l’Homme nouveau, sensibilisé aux problèmes écologiques par Hulot, Artus-Bertrand et autre Grenelle, soit prêt à renoncer au km départ arrêté en moins de 30 sec, il est certain que rouler avec EDF ne sera pas un cadeau pour l’avenir de ‘humanité.

Il faudrait en effet envisager de produire l’électricité avec autre chose que des ressources fossiles (charbon, gaz, pétrole) ou radioactives, pour ne pas décaler le problème du réchauffement et de la pollution. Or, les prévisions en la matière sont clairement alarmantes. Entre 1970 et 2000, la consommation énergétique a augmenté de 48% au niveau mondial et elle augmentera de 52% pour la période 2000/2030. En 2008, la part du solaire, de l’hydraulique et de l’éolien dans la production mondiale d’électricité était de 7,4%. Elle restera à ce niveau dans 20 ans, les énergies fossiles représentant en 2030 les 4/5 de la consommation mondiale d’énergie…

Et pourtant, chacun y va de sa bagnole électrique : Renault, GM, Ford, VW, Toyota, Honda, tout le monde veut y croire… Et tous les services de communication des constructeurs, relayer par la peu engagée presse spécialisée, d’envoyer mille signaux idylliques : oui la voiture électrique va sauver l’humanité et rendre le monde meilleur, c’est écrit dessus. Croyez-nous, on va vous changer la vie, même si pour l’instant nos prototypes peines à dépasser les 130 km/h, à passer sous la barre des 25000€ et à rouler plus de 200 km… A moins de vous offrir pour 100 000 € une Tesla, roadster tout électrique canadien qui vous fera passer de 0 à 100 km/h en moins de 5 secondes !

2009 aura été l’Année électrique. Le secteur automobile plonge, il trouvera sa résurrection dans l’électricité, c’est sûr. Même Bolloré y croit et nous annonce depuis belle lurette que sa Bluecar est quasi-prête. Et curieusement, elle n’arrive toujours pas ! La quasi faillite de son partenaire industriel, le carrossier italien Pininfarina ne va pas accélérer le processus puisqu’il est désormais question que la voiture bretonne soit construite en France. Toujours annoncée pour l’été 2010, on ne voit pourtant pas comment l’industrialisation pourrait être mise en route dans ce délais avec un tel revirement. Bien sûr Bolloré n’est qu’un exemple mais tellement symptomatique d’un secteur qui buzze à fond sur l’électrique. C’est au constructeur qui fera le plus de presse sur la question du respect de l’environnement qui gagnera sa vertu et gagnera des parts de marché.

Et voilà un nouveau mode de marketing, le marketing grippal, ou comment contaminer l’esprit des consommateurs par un produit pandémique qui ne fera à terme qu’accroître les phénomènes qu’il prétend résoudre. Alors, prêt à vous faire vacciner par les laboratoires Bobo-leurrés ?

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BMW Gina : la bâche-mobile

octobre 25, 2008 · 2 commentaires

La bâche-mobile

BMW Gina concept : La bâche-mobile

BMW est un constructeur automobile dont la réputation de motoriste, héritée de ses fleurons à 2 roues, dépasse de beaucoup sa capacité à proposer un design qui fasse l’unanimité. Le style de la firme munichoise a su en effet passer d’un classicisme lourd (souvenez-vous les séries 5 et 7 des années 80…) à une audace compliquée, quand elle n’est pas maniérée (cf. la série 1 d’aujourd’hui).
On pourrait jusqu’alors, et pour faire lapidaire, résumer l’histoire du design de béhem à 2% de créativité et 98% de conservatisme bavarois. Et puis, voilà qu’arrive Gina.

Gina n’est pas une actrice italienne mais un concept étonnant de voiture (Gina signifie Geometry and functions In ‘N’ Adaptions) dont la carrosserie est constituée d’un textile souple. Bien plus fort que Kway, Gina réalise un numéro de transformisme hallucinant en dévoilant, par le jeu d’une structure mobile, des atours mécaniques qui ne déplairaient pas à Iron Man himself.

Au-delà de l’effet de manches de la belle, Gina assène un coup de massue aux designers automobiles du monde entier. Ce concept-car, promis nous dit-on à un avenir industriel, révolutionne enfin l’univers du design automobile, inerte depuis 50 ans, c’est à dire depuis l’apparition de la DS qui inaugura un style aérodynamique intégral qu’elle “survole” depuis lors.

L’équipe de Chris Bangle, directeur du design de BMW, ouvre une piste d’exploration d’une grande richesse, celle de la carrosserie souple et translucide. Fini les chocs de chariot de supermarché et les optiques de phare cassés dans un stationnement approximatif, Gina évoque l’intelligence d’une peau de requin (oui, le requin est assez crétin mais sa peau est vraiment pratique et fonctionnelle) et renvoie sans conteste la carrosserie de votre Clio au rang de coquille d’œuf de caille.

La BMW Gina dévoile ses dessous

La BMW Gina dévoile ses dessous

Catégories : Perspectives technologiques
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