Archives de Catégorie: socio

Design démocratique ?

La Rally-Fighter de Local Motors, première voiture 2.0

Local Motors est un constructeur automobile américain créé au printemps 2007 par Jeff Jones et Jay Rogers à Boston. L’idée : concevoir des voitures adaptées à un marché local, avec un design choisi par un vote en ligne et dont la fabrication fait appel à la contribution physique du client.

Le premier modèle proposé s’appelle la Rally Fighter. Elle a été dessinée par Sangho Kim, étudiant à l’Art Center College de Passadena (Californie). Le design a été voté et élaboré par la communauté Local Motors, qui se définit ainsi que le premier constructeur automobile 3.0, pas moins. Le dessin final sera ainsi le résultat d’un processus itératif en ligne entre l’auteur et les internautes. Lire la suite

Kapten bigleux : un GPS vocal

Un Kapten au long cours

Un Kapten au long cours

La société française Kapsys lance sur le marché le premier GPS sans écran de tout l’univers. On pourrait être inquiet d’apprendre qu’une boîte française de produits électroniques attaque seule un marché où aucun concurrent asiatique ne s’est encore risqué… Ben oui, s’il n’y a pas de GPS sans écran, c’est bien que ça rendrait la tâche de guidage un peu hasardeuse, non ?

Kapsys nous prouve que c’est pourtant possible avec son Kapten. Lire la suite

Reconnaissance faciale biométrique

BMW nous promet sur ses futurs modèles haut de gamme l’intégration d’une caméra infrarouge de reconnaissance biométrique. Une fois que nous serons assis derrière le volant, notre visage sera scanné, reconnu et différents réglages personnalisés seront actionnés : siège, rétroviseur, colonne de direction, stations de radio préférées. Le constructeur ne nous en dit guère plus si ce n’est qu’il travaille à la fiabilité et robustesse du dispositif. C’est la moindre des choses… On imagine que le système permettra également de contrôler le démarrage, d’adapter des réglages de suspension, de température, d’ambiance lumineuses, bref, les applications seront nombreuses.

La police des frontières britannique teste actuellement dans les aéroports londoniens, un dispositif de contrôle automatisé des passeports biométriques des citoyens de la zone économique européenne. Un dispositif qui présente bien sûr quelques contraintes : interdiction de sourire (c’est rare dans ce genre de situation…), d’ouvrir la bouche ou d’apparaître devant un fond autre que blanc. Ca va encourager le flegme… L’évolution de la puissance des microprocesseurs rend possible cette technologie, mais la reconnaissance faciale est un exercice délicat en matière de biométrie. Si la reconnaissance d’une empreinte digitale ou d’un iris ne pose guère de problème (les motifs sont facilement enregistrables et reconnaissables), un visage est plus difficile à cerner : problème d’éclairage, de vieillissement, d’expression, de modification de la pilosité, de cicatrice… La fiabilité devra être totale pour éviter bien des situations kafkaïennes…

Au-delà de la performance technologique (vous aurez noté, c’est BMW qui s’y colle, pas Dacia ou Tata Motors…), on peut s’interroger sur les dérives sécuritaires et totalitaires d’un tel dispositif. La CNIL va avoir du pain sur la planche ! Car après l’accès aux entreprises, aux cantines scolaires et aux bibliothèques publiques (déjà opérationnel) nous voici rendus aux passeports et aux bagnoles. Le système sera rapidement étendu à la maison, aux comptes bancaires et aux postes informatiques.

On pourrait bien concevoir un programme de remise en forme individualisé en fonction de l’état de fatigue qui apparaitrait sur notre visage ou en fonction des kilos visiblement pris… A terme, votre voiture vous engueulera parce que vous ne serez pas rasé, votre self vous interdira l’accès aux desserts parce que votre cardiologue l’aura dit, votre maison vous électrocutera parce que vous tenterez une intrusion après une soirée arrosée qui aura mis à mal votre teint parfait de quadra sup’…

Le progrès étant le meilleur ami de l’homme depuis que l’Eden a disparu sur Terre, BM arrivera bien à nous fourguer ses caisses physionomistes. Tant mieux si c’est pour éviter de trimballer une clef qui nous perce les poches de pantalons et tant mieux si c’est pour simplifier au final l’accès aux systèmes d’autopartage qui se développent actuellement en zones urbaines et qui mettront fin à terme à la propriété automobile. Mais notre fournisseur d’accès à internet a déjà du mal à faire fonctionner correctement une ligne téléphonique, notre banquier n’arrive déjà pas, grâce à sa plateforme informatique dernier cri, à transférer notre chéquier d’une agence à une autre… La reconnaissance faciale biométrique risque fort d’ouvrir des autoroutes à bien des litiges.

Faut-il avoir la grooming attitude ?

La grooming attitude est née à New-York il y a 20 ans, conçue comme un concept marketing pour sensibiliser la gente masculine à prendre soin de soi-même pour lui refourguer des cosmétiques en veux-tu, en voilà.

Plus noblement, John Allan, un ancien merlan de chez Jean-Louis David, anime depuis 1988 un club masculin, où vous pouvez boire un verre, jouer au billard, causer, vous détendre et… vous faire refaire une beauté, le tout dans une ambiance archi-lounge, of course…

Avoir la grooming attitude reviendrait donc à savoir prendre soin de son corps et de son esprit, plus à la sauce Paul Newman que Richard Gere. Pas sûr que l’on soit là face à une tendance sociétale de fond qui permettrait à l’humanité d’aller franchement mieux mais notre ami John, lui, va beaucoup mieux. Il a ouvert depuis quatre autres clubs à Big Apple et en ouvrira un autre à l’automne à Chicago. Sa ligne de cosmétiques masculins se vend comme des petits pains et est arrrivée le mois dernier à Paris aux Galleries Lafayette et au BHV.

En France, le marché des cosmétiques masculins ne décolle réellement que depuis 2 ans. Je vous renvoie au texte de Pierre Desproges sur les coiffeurs pour comprendre pourquoi, si besoin était :

« A l’instar du pou, le coiffeur est un parasite du cheveu !
D’abord j’ai horreur qu’on me tripote la tête par derrière en me racontant des conneries dans le dos.
J’ai horreur qu’un gominé à gourmettes me chahute le cuir chevelu, avec ses grosses papates embagousées,
aux ongles éclatants de vulgarité manucurale.

J’ai horreur qu’un Brummel de bal disco me gerbe dans le cou, le crachin postillonnant des réflexions de philosophie banlieusarde, que leur inspirent sporadiquement : la hausse du dollar, l’anus artificiel du Pape, l’incontinence sexuelle des deux filles de Monaco depuis la mort de leur mère en bagnole, l’agonie de Saint-Etienne, le déclin de l’Occident, le fibrôme d’Annie Girardot ou le contraire, je sais plus.

Et puis bien sûr, les oscillations du thermomètre, source inépuisable de commentaires météorologiques vibrant d’incompétence, mais très répandus dans les milieux capilicoles ».

Si John Allan est un coiffeur visionnaire (« La plupart des hommes pensent qu’ils sont bien comme ils sont. Mon métier est d’essayer de les amener à aller juste un peu plus loin », fin de citation), dites-le moi. En attendant, je n’ai pas la grooming attitude…